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Histoires d’Os et autres illustres abattis

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25 Février 2018

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Delta Bruxelles 2016-2017

Delta Bruxelles 2016-2017
41 ème édition,
exclusivement en français.
12 index, et plus de 950 établissements. 336 pages.
Avec son Passeport découverte donnant droit à 30% de réduction dans 44 restaurants de Bruxelles et périphérie

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Delta Belgique 2018

Delta Belgique 2018
17ème édition, existe en français et en néerlandais.
8 index, 2000 établissements, 604 pages
HISTOIRES D’OS ET AUTRES ILLUSTRES ABATTIS
HISTOIRES D'OS ET AUTRES ILLUSTRES ABATTIS Morceaux choisis de l'Histoire de France

Histoires d’Os
Vous nous parlez aujourd’hui d’un livre plutôt dézingué…
Oui, et qui traite de personnages qui ont dézingué ! Fort bien rédigé par Clémentine Portier-Kaltenbach et publié aux Éditions Lattès à Paris, il s’intitule Histoires d’Os et autres illustres abattis et il raconte l’histoire qu’ont vécue – c’est le cas de le dire ! – les ossements et autres restes post-mortem de divers personnages célèbres de l’Histoire de France.

Ce qui a tout naturellement mené l’auteure à sous-titrer son ouvrage « Morceaux choisis de l’Histoire de France »…

C’est un peu macabre, non ?
Pas du tout ! Enfin, le sujet l’est sans doute un peu, c’est vrai…

Mais Clémentine Portier-Kaltenbach le traite avec tact et, surtout, avec beaucoup d’esprit, ce qui, on en conviendra, colle parfaitement avec le thème général.

J’ajoute que la lecture de cet ouvrage provoque incontestablement une vraie joie de vivre…

Entrons dans le vif du sujet. Je suppose qu’il est question dans ce livre des reliques de bon nombre de saintes et de saints recensés dans le calendrier…
Non, et c’est en cela que l’ouvrage est particulièrement original !

Car s’il est vrai que le trafic des reliques a connu jadis un vif succès – on a recensé, rien qu’en France, 8 bras de St Blaise, 32 doigts de St Pierre, 11 jambes de St Matthieu, 10 têtes de St Léger et trois corps de Ste Agnès, sans oublier quelques litres de lait de la Vierge et même le « saint-prépuce » ! – l’auteure a pris le parti de ne s’intéresser qu’à des personnages qui ne sont pas tous morts en odeur de sainteté, comme, Descartes, Richelieu, Voltaire, Rousseau, Louis XIV, Napoléon, Mirabeau, Robespierre ou Gambetta…

« Mourir en odeur de sainteté », quelle expression bizarre…
Elle trouve ses racines dans une vieille superstition, selon laquelle le cadavre des saints ne puait pas, parce que leur état de sainteté leur évitait la corruption de la mort ; si un cadavre ne sentait pas trop mauvais, c’est donc que le défunt était un saint, mort « en odeur de sainteté ».

Qu’est-il arrivé de si surprenant aux cadavres dont il est question dans le livre ?
Bien des choses, en somme ! Prenez par exemple le cas de Léon Gambetta. Le corps de ce grand tribun décédé en 1882 repose à Nice, mais son cœur est au Panthéon, son cerveau au musée Orfila de l’Institut d’anatomie dans le VIe arrondissement de Paris et son œil (il était borgne) dans un flacon qui a atterri mystérieusement au musée de Cahors, après un passage à Kiev et à Heidelberg.

Par ailleurs, le musée Tavet-Delacour à Pontoise conserve un reliquaire emballé dans une ravissante petite housse en tissu provençal.

Et que contient ce reliquaire ?
Une jambe de Catherine de Médicis, qui régenta la France de 1560 à 1564.Cette jambe est conservée pour trois raisons, semble-t-il : la reine avait de très jolies jambes, c’était une cavalière émérite (Balzac prétend même qu’elle montait à cheval pour pouvoir montrer ses jambes) et elle fut une excellente danseuse qui contribua à enrichir les danses de son temps par des pas et des ronds-de-jambe de son invention.

Gambetta d’un côté, les gambettes de la reine de l’autre… Mais qui donc pouvait bien vouloir de ces « morceaux choisis », comme dit l’auteure ?
Des collectionneurs. Dont certains semblent avoir été prêts à tout. Ainsi, le confesseur de Napoléon, qui lui déroba… son pénis !

On a pu le suivre à la trace, si j’ose dire (le pénis, pas le confesseur) jusqu’aux États-Unis, chez un urologue américain qui l’avait racheté pour la somme de 3 800 $...

Pour faire sa pub, peut-être… Voilà qui n’est pas banal !
Mais les choses sont parfois plus étranges encore.

On apprend dans cet ouvrage qui prend le lecteur aux tripes que des viscères célèbres ont servi à des artistes pour préparer leurs peintures. C’est ainsi que le badigeon de la Vue de Caen composée par le peintre Pierre Pau de Saint-Martin aurait été concocté avec des morceaux du cœur du Roi-Soleil.

Quant au cœur de Louis XIII, il a servi au peintre Michel Martin Drolling pour son Intérieur d’une cuisine exposé aujourd’hui au musée de Sélestat, en Alsace…

Quelle histoire ! Vous en avez d’autres comme ça ?
Le livre en contient des quantités, à croire que presque tous les personnages célèbres de l’histoire de France se sont fait « éparpiller façon puzzle », comme le faisait dire Michel Audiard à Bernard Blier dans le fameux film Les Tontons flingueurs avec Lino Ventura.

Est-ce aussi le cas dans d’autres pays ?
Oui. Ainsi, à la mort d’Albert Einstein en 1955, Thomas Harvey, le médecin qui pratiqua l’autopsie à Princeton conserva, contre l’avis de la famille, le cerveau d’Einstein en 240 morceaux.

« Pour la science », assure-t-il, car il vit toujours.

Une partie de ce cerveau a été conservée par l’hôpital de Princeton, et le reste a été remisé pendant 50 ans chez Harvey, dans deux grandes boîtes à biscuits, jusqu’à ce qu’il décide de le rendre à la petite-fille du savant. Il a pour cela traversé le continent américain en voiture, avec dans son coffre le cerveau d’Einstein dans un Tupperware…

Bernard DELCORD Chroniqueur du Guide Delta des hôtels et des restaurants de Belgique et du Guide Delta des hôtels et des restaurants de Bruxelles
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